Je sais, dit comme cela, « alimentation vivante« , vous ne voyez pas forcément de quoi il s’agit.

Sous entendu, il y a donc une alimentation morte.

Et oui, un aliment peut être biologiquement vivant ou mort, c’est selon. Un fruit frais par exemple est vivant. Une carotte juste arrachée de terre idem. Elle continuera à pousser ou monter à graines si vous la remettez en terre.

Un fruit cuit, une baguette de pain, ou encore un plat de pâtes, c’est une alimentation morte. Est-ce que cela a une importance ? Oh que oui.

Une alimentation vivante est faite d’aliments contenant les mêmes atomes que votre corps, sous la même forme biocompatible. Harmonie, santé, vitalité au rendez-vous.

alimentation crue

Ce n’est malheureusement pas trop le cas de l’alimentation classique française. Trop cuite, trop raffinée, trop transformée. Elle ne vous donne donc presque aucune vitalité supplémentaire. Je vais vous illustrer cela avec une petite histoire…

Un beau jour de mai 2019, j’ai reçu en cabinet un patient dénommé Olivier.

Cuisinier de métier, quadragénaire, et en surpoids malgré une certaine bonhommie. Sa motivation lorsqu’il est venu me voir la première fois : maigrir sainement et durablement. Objectif fixé : revenir à 85 kg. Il faisait alors 108 kg.

Comme on dit en Tanzanie, pays que j’ai eu la chance de visiter, hakuna matata. Pas de problème, j’ai quelques compétences sur le sujet en tant que naturopathe et diététicien hygiéniste.

La situation de départ objective et subjective

Le surpoids

Olivier est venu me voir lorsqu’il pesait 108 kg. Pour moins d’1m68. Cela nous donne un IMC à 38.3. Verdict : obésité sévère, presque morbide, selon la classification officielle.

Le système circulatoire

Un passé d’ancien fumeur à son actif, et de l‘hypertension comme on pouvait le redouter : plus de 14 en pression systolique. Ce n’était pas 18, mais quand même…

Du cholestérol également au tableau, avec 2.44g/l en cholestérol total. Un facteur de plus de risque de maladies cardio-vasculaires, qui combiné au surpoids et à d’autres facteurs tiers augmente sensiblement les risques potentiels de morbidité.

Le handicap physique

Avez-vous déjà expérimenté des exercices physiques tout simples avec un lest de 20, 30 ou même 40kg et plus ? Marcher quelques hectomètres, trottiner, monter des escaliers, se baisser pour faire ses lacets ?

C’est ce à quoi Olivier devait faire face chaque jour. Une montagne à gravir tous les jours de la semaine. Où pouvait-il puiser l’énergie nécessaire ?? Uniquement dans son mental à cette période. Mais même l’énergie mentale a ses limites et n’est pas inépuisable.

Tous ces gestes anodins du quotidien deviennent très éprouvants avec le surpoids. Le simple poids en plus complique déjà ardemment la tâche, et par ailleurs les articulations deviennent moins mobiles et plus rigides. Les difficultés se cumulent.

Cela rend les choses bien compliquées dans la vie de tous les jours et rend le quotidien pénible et fatiguant, sans même faire du sport ou des choses extraordinaires. Alors quand on vous parle d’aller courir ou nager pendant une demi heure ou 3/4 d’heure plusieurs fois dans la semaine…

La fatigue chronique

En plus d’être gêné par son surpoids, Olivier ressentait une fatigue qui était devenue récurrente, tous les après-midi, et ce de manière latente. C’est d’ailleurs le cas d’énormément de personnes, qu’elles soient en surpoids ou pas. Le déjeuner et vlam, l’effondrement.

On pique du nez après le repas, on somnole à la reprise du boulot et on comate jusqu’à 15 ou 16h avant de réémerger de nouveau jusqu’au soir. C’est sûr, dans cet état là, on ne va pas refaire le monde ni réinventer le fil à couper le beurre…

La confiance en soi

Enfin, dernier point et non des moindres, son estime de lui-même avait fondu comme beurre sur la poêle. Dur de s’apprivoiser quand la balance affiche 3 chiffres avant la virgule et que l’on plafonne à moins d’1m75…

Il y a bien une forme d’anormalité, d’échec là-dedans ; mais juste par manque des bonnes connaissances en fait. Il ne faut pas se flageller avec le fouet du remord ou de la culpabilité.

Responsable oui, mais pas coupable. Et c’est très bien ainsi. Car la responsabilité nous incite à agir, à redevenir les maîtres de notre santé. Et de notre destinée in fine.

Il était donc clairement temps de faire quelque chose.

Avant que n’apparaissent les maladies chroniques ou dégénératives associées à l’embonpoint massif (diabète, infarctus, rupture d’anévrisme, handicaps moteurs permanents, scléroses, cancers,…).

Avant que la résignation ne l’emporte et l’enferme dans la spirale infernale de la dégénérescence.

Il a eu le courage de se prendre en main. Malgré toutes les excuses que l’on se donne souvent pour ne rien faire, et pour garder sa routine du quotidien. C’est là tout son mérite.

Comme dit le proverbe, aide-toi et le ciel t’aidera. C’est la première étape et certainement la plus importante. La prise de décision de changer les choses, de changer de paradigme, de tenter quelque chose de nouveau.

Car immanquablement les mêmes causes et les mêmes erreurs reproduiront les mêmes conséquences. Aucune chance d’évolution positive sans changement suffisamment profond. Olivier l’avait compris.

Ca tombait bien, car c’est précisément ce que j’allais lui proposer. A commencer par le contenu de son assiette, qui a radicalement changé…

Le changement alimentaire : vers de nouvelles habitudes

Primo, nous avons revu ensemble les mauvaises habitudes acquises. Et trouvé les alternatives physiologiques.

Olivier s’est mis à manger moins fréquemment, seulement le midi et le soir. Uniquement deux repas par jour. Mais sans restriction, les quantités étant fonction de son appétit. Manger à sa faim, ni plus ni moins, voilà le mot d’ordre.

De toute manière, il n’avait pas très faim le matin, comme beaucoup de personnes du reste. Se forcer à manger quand même à ce moment-là est donc une aberration, tant physique qu’intellectuelle.

Arrêt de l’absurdité matinale. Un bon début.

L’accent a été mis ensuite sur les fruits et légumes : à volonté, crus et aussi un peu cuits. Beaucoup de fruits frais, des verdures abondantes, de grosse salades composées, et tout un panel de légumes colorés agrémentés et assaisonnés comme il se doit.

En bon cuisinier qu’il est, Olivier n’a pas eu de mal à relever les saveurs et les goûts. Maigrir a rimé avec plaisir. Et c’est radicalement différent des approches restrictives et ennuyeuses, où l’on se limite et où l’on est frustré.

Les céréales et les sandwiches ont été avantageusement remplacés par des carottes, choux, pommes de terre, potimarrons, artichauts et autres…

Bien sur, il y a une adaptation en fonction de la saison. Des tomates à Noël sont aussi logiques qu’une raclette mi-juillet ou même sous les Antilles…

Il s’est servi uniquement du cuit-vapeur ou de cuisson à l’étouffée sous couvert. A petit feu, avec juste un fond de matière grasse végétale non raffinée (huile d’olive, graisse de coco).

Il a supprimé assez rapidement les aliments industriels (pain, pâtes, boites, conserves…) et la viande en excès. Il a plutôt misé sur le poisson et les oeufs, à raison de 2 ou 3 fois par semaine max. Un petit peu, et pas tous les jours loin de là.

Il a aussi effectué une série de 3 jeûnes courts de 36h pour le premier et 48h pour les deux autres. Sans manger donc, et avec très peu d’eau pour ne pas chambouler le fragile équilibre électrolytique du sang.

Il a tapé du poing sur la table d’une certaine manière. Une phase d’attaque franche et nette, sur 1 mois, pour nettoyer au maximum et très rapidement son organisme congestionné.

Sa constitution et son mental m’ont paru suffisamment robustes pour supporter ce traitement de choc. Parfois c’est juste impossible. Une histoire de tripes.

Nombre de patients ont les intestins tellement enflammés que la moindre crudité ingérée est comme une brosse métallique sur la muqueuse. Difficilement supportable.

Alors comment tout cela a-t-il été encaissé par Olivier ? Y a-t-il eu des désordres, des difficultés ?

Les difficultés rencontrées

Dire que ce changement fut facile n’est probablement pas la réalité.

C’est une approche très différente de celle dont il avait l’habitude. Cela demande souvent un temps d’adaptation, plus ou moins rapide selon les individus.

Ca demande surtout un changement d’état d’esprit.

L’envie de ne plus être spectateur de sa vie, passif et soumis au diktat des régimes et médicaments.

L’envie de reprendre le contrôle de son corps et de son existence. De maîtriser les rênes de sa santé.

En fait, l’essentiel est dans la tête. Dès lors que la compréhension de ce qui nous arrive et du pourquoi ça nous arrive est intégré, l’esprit a dépassé le principal écueil : la peur par l’ignorance.

Olivier a eu globalement peu de désagréments pendant ce 1er mois de transition. Parce qu’il était réellement motivé et volontaire.

1- Il a bien eu quelques soubresauts digestifs, surtout les 2/3 premières semaines. Des gaz, quelques ballonnements. Un petit remue-ménage dans le ventre. Assez classique et courant au début.

C’est clair que l’intestin non habitué à une nourriture déconcentrée et riche en fibres peut ramer au début. C’est là un point essentiel dans la transition vers une alimentation vivante et physiologique.

Suffisamment de crudités donc, mais à la dose adaptée à chacun. Car nous sommes tous différents et réagiront de manière distincte à un même protocole alimentaire.

2- Il y a eu également quelques moments de fatigue pendant les jeûnes. Des crampes aux avants-bras (assez étrange, mais bel et bien le ressenti vécu !) et une difficulté à s’endormir pendant ces phases ont complété le tableau.

Des symptômes vraiment courants en jeûne. Ils s’expliquent par le fait que le corps se nettoie et se détoxifie de manière nette et franche.

En effet il a alors toute l’énergie disponible pour le faire (contrairement à d’habitude où il digère tout le temps et se nettoie donc peu). C’est la libération dans le sang de ces toxines et déchets qui crée l’inconfort de ces symptômes typiques.

Ne pas s’en affoler, c’est juste le signe que votre corps bosse dur et qu’il a du boulot !

3- Bilan :

Olivier a bien toléré le changement net d’alimentation. Il a rapidement trouvé ses marques avec les fruits et légumes en abondance. Cette nourriture ne lui a pas enlevé son plaisir de manger.

Car oui, en bon cuisinier qu’il est, il apprécie la table et ses plaisirs. Son exemple est très intéressant, et nous montre que bien manger n’est pas opposé à manger sain. Au contraire, c’est tout un nouvel univers culinaire à explorer.

Les possibilités y sont également immenses. Cela fait simplement appel à votre créativité et à votre imaginaire. Potentiellement sans limites…

De plus, contrairement à ce qu’il redoutait, et comme vous le savez si vous avez déjà jeûné un peu, la faim n’est pas vraiment un problème. Au-delà d’un certain temps d’adaptation, l’organisme se nourrit de ses lipides et la faim disparait rapidement.

Ca parait incroyable mais c’est bel et bien la réalité. Essayez, vous verrez.

Au final, il y a eu quelques écueils, quelques moments de doute, et j’avais bien prévenu Olivier que cela pourrait arriver. Il n’en fut pas surpris et donc ne s’affola pas lorsqu’ils surgirent.

Il traversa sans paniquer ces moments désagréables.

Il était serein, et a donc assez facilement surmonté ces difficultés passagères du début. Et ce ne fut pas vain : il a obtenu des résultats très intéressants et très rapidement…

L’heure des résultats

Après 1 mois de programme, Olivier a perdu 9 kg. Il en était à 99kg au lieu de 108kg au départ. La barre des 100 fut franchie à la baisse.

Déjà un gros cap de passé. Un symbole. Plus que deux chiffres devant la virgule, un grand soulagement.

Mais il reste encore du chemin à parcourir pour l’objectif de 85kg.

Au niveau énergie, Olivier s’est dit un peu moins fatigué qu’auparavant, avec un transit régulier et facile, des mictions normales et aucun souci particulier de peau ou autre.

Il a poursuivi le 2e mois avec des séries de jeûnes quasi secs sur 36/48h et une alimentation surtout basée sur des fruits et légumes crus ou peu cuits.

A noter qu’il a peu utilisé les jus de légumes et de fruits, ayant les intestins en état convenable pour tolérer cette alimentation riche en nutriments et en fibres. Ce n’est sûrement pas le cas de la plupart des gens, en surpoids ou pas.

Après 2 mois, il pesait 89 kg. Sa tension est revenue à 13.5, et il a globalement plus d’énergie qu’avant avec moins de fatigue et des sensations corporelles nettement plus agréables.

Surtout, Olivier est revenu me voir après 2 mois de protocole, visiblement enjoué et mieux dans son corps. Mieux dans sa tête et dans ses baskets.

C’est en cela que le challenge a été réussi. Au-delà des chiffres. Le soin c’est bien plus que des nombres et de l’analytique pur et dur. Le véritable soin c’est de rendre les gens plus joyeux, plus en santé, donc plus libres, plus autonomes et plus aptes à trouver leur voie sur cette Terre.

Le bilan

  • -19kg en deux mois (89kg contre 108kg au départ)
  • un poids stabilisé durablement en dessous de 90kg depuis lors
  • une tension revenue quasi normale
  • une bien meilleure mobilité et souplesse articulaire
  • un meilleur moral
  • une appétence plus marquée qu’avant pour les aliments naturels
  • nettement moins de fatigue qu’avant au quotidien
  • une meilleure compréhension de la santé

Ca a le mérite d’être clair : Olivier voulait maigrir, de façon naturelle et nette. Il s’en est donné les moyens. Sa volonté et quelques conseils hygiénistes ont fait le reste.

Ca ne s’est pas fait d’un claquement de doigt, ni en restant assis sur son canapé à se lamenter sans vouloir rien changer de sa petite routine.

Il a bien fallu réapprendre à manger sainement, et au bon rythme.

Comme tout apprentissage, il a fallu un temps d’adaptation. On est un peu déboussolé au départ, puis on dépasse ça rapidement et on trouve ses marques.

Après, tout devient naturel et beaucoup plus facile. Comme en sport : un même effort, sans et avec entrainement, passe de difficile à aisé. Logique.

Olivier a maintenant compris comment fonctionne son corps, là où avant l’ignorance l’avait conduit à faire de mauvais choix alimentaires. Voici ses propres mots :

témoignage d’Olivier

Quand on veut, on peut. Le tout est juste d’oser.

Oser pousser la porte, oser se mettre dans l’inconfort au début, oser changer ses routines délétères, oser jeûner quand on n’a jamais sauté un seul repas de sa vie…

Alors si vous aussi vous souffrez de surpoids, d’obésité ou d’une autre maladie fonctionnelle, de fatigue chronique comme de morosité, tentez quelque chose. Osez.

Ne vous résignez pas à souffrir et à vous éteindre à petit feu. La vie c’est autre chose.

La vie est belle par défaut.

Le tout, c’est de bien l’aborder. Dans la tête, mais aussi dans l’assiette. Alors, qu’attendez-vous pour vous mettre à une alimentation vivante et ainsi changer de vie ?

santenaturellement vôtre,

Alessandro Belotti.

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